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Aelles pieds sur terre, la tête en l'air |
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January 19 Il meurt lentement ...Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, Il meurt lentement Il meurt lentement Il meurt lentement Il meurt lentement Vis maintenant! Pablo Neruda May 23 45 ans plus tard ...
Je te rejoins dans le jardin, et m’installe à côté de toi sur le petit banc. Ce banc… à chaque fois que j’écoute la Seille assise là, je pense à toi, le jour où tu formulais le vœu d’un « vrai banc en bois pour le jardin ». Nous étions près d’un lac au milieu des montagnes savoyardes, ta main dans la mienne. Tout était prétexte à rêver : les fameux bancs posé là sur l’herbe, un ciel sans nuage comme l’avenir qui se traçait devant nous, une côte monté en une demi heure au lieu d’une heure inscrite sur le guide, qui nous promettait d’autres escapades sur les falaises, et tant de petits bonheurs trop chers pour être vendus.
« Demain les enfants viennent manger » tu romps le silence et me ramène à aujourd’hui. Demain les cris des enfants couperont la parole à notre rivière, les rires feront taire les mésanges et le vent dans les arbres… ses arbres que nous prenons toujours pour notre forêt Amazonienne, comme perdu loin de tout, juste nous. Ils n’ont pas vieilli eux ! Ils restent là, plantés, fort et vigoureux comme quand nous prenions les vélos pour un pique nique improvisé dans les vignes. Fortes et vigoureuses nous ne le sommes plus, mais quand je te regarde toi non plus tu n’as pas changé. Non non, je t’assure ! On croit encore que tu es plus jeune que moi ! Mais à notre âge la différence ne compte plus guère, mais c’est un fait, je fais encore et toujours plus âgé que toi.
Même Camille, qui n’a pas perdu son franc parlé en grandissant, m’a dit dans un petit sourire tendre et ironique que j’étais plus ridé donc plus vieille. Mais c’est vrai Fabienne que rien n’a changé en toi, les années glissent sur ta peau comme une goutte de rosée sur une pétale de fleur. Seules quelques sillons rayonnent aux coins de tes yeux émeraude.
Demain : repas de famille… les repas à rallonge à table, tu n’as jamais vraiment aimé ça… et c’est encore pire maintenant… quand les grands ados de Camille nous parlent fort dans les oreilles en nous prenant pour des demeurées qui n’avons rien vécu. Moi ça me fait rire quand tu lèves les yeux au ciel au milieu de leur réplique cinglante : « nan ! C’est vrai mamie t’as sauté en parachute !! » les vieux ils les voient vieux depuis leur naissance…
Heureusement que les enfants de Baptiste sont plus jeunes, ils nous laissent un répit. Tu vois qu’il l’a trouvé sa chère et tendre ! Il lui a fallu juste un peu de temps, mais Bat’ il est comme ça tu le sais… tant d’inquiétude passé ses 30 ans… et puis, peu de temps après il nous a présenté une belle jeune femme. Oui oui une belle femme ! Tu ne me diras pas le contraire ! Quand elle est arrivé tu l’a regardé de telle façon que j’ai cru que s’en était fini pour moi !!
Oui je te l’avoue j’ai eu peur… j’ai toujours eu peur… peur que tu ploies sous mes maladresses, peur que tu ne supportes plus mes oublies, mon impulsivité, mes ironies. Peur que notre amour s’envole comme un oiseau qui s’échappe de sa cage.
Parce que, même à l’aube de mes 80 ans, tu peux me prendre cent fois dans tes bras, c’est toujours la première fois.
March 27 le bonheurLe bonheur,
on ne le trouve pas, on le fait.
Le bonheur ne dépend pas
de ce qui nous manque,
mais de la façon dont nous nous servons
de ce que nous avons.
( Arnaud Desjardins )
March 10 la der des dersAu revoir cher (e)s client (e)s,
Samedi 8 mars 2008, j'ai parcouru pour la derniere fois les rues de votre village chevauchant mon scooteur bardé de lettres et de colis.
Je vous ai regardé, photographié dans ma mémoire vos sourires et vos mains tendues. Enregistré chaque bonjour enjoué et amicaux que vous m'avez donné avec toujours la même sincérité.
Je garderai comme un trésor mes arrêts prolongés au bord de la route à discuter dans la douceur d'un soleil printanier. les cafés offerts dans vos maisons si accueillantes étapes réconfortantes dans la froidure de l'hiver.
Promis Mme G. je reviendrai soigner vos perruches, sans oublier de passer par chez vous Mme T. pour me réchauffer à votre sourire et votre bonne humeur.
Merci Mme M. pour les oeufs, les bonnes tomates de votre jardin et les truites pêchées par votre fils.
Merci M C. pour les conseils que vous me donniez pour mes petits bricolages quotidiens.
Merci à vous, gens de la campagne qui avez sû garder la simplicité d'être, le temps de vivre, vos valeurs humaines qui m'ont tant apporté pendant ses trois ans près de vous chaque matin.
Hier anonymes, vous êtes aujourd'hui mes ami(e)s, et pour beaucoup mes grands parents qui avez sû, dans mon épreuve, être présents et me donner le réconfort dont j'avais besoin.
La factrice vous dit au revoir, mais l'amie reviendra.
et comme le dit si bien Mme M. "à vous revoir"
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